Je vous en avais parlé, je vous l’avais promise, la voici. L’interview d’Hocus Pocus que j’ai réalisée accompagné d’Hervé, l’excellent rédacteur du webzine Vacarm.net, au Diapason, à l’occasion de la venue du groupe à Rennes. Au menu, retour sur la tournée de près de 150 dates dans le monde, retour sur l’album Place 54 et les collaborations effectuées autour de celui-ci. Il sera également question des projets du groupe pour 2009. Et puis comme 20syl a une formation de graphiste, il en sera également question.Voici donc la première partie de cette interview, consacré à la tournée d’Hocus Pocus.![]()
Hervé : 20Syl j’ai pris le train de cette tournée Place 54 en étant présent à la première gare qui était l’Olympic de Nantes où l’accueil était vraiment chaleureux pour ce retour d’HP sur scène. Ce soir vous jouez à Rennes chez vos voisins bretonneux où l’on assiste au terminus de cette tournée. Comment se sont passées toutes ces dates qui vont ont permis de sillonner l’hexagone ?
20Syl : Mortel ! On a fais plus de 150 dates cette année donc comme on dit, on a vu du pays ! Ca a été mortel quasiment chaque soir. On a vu les salles se remplir de plus en plus au fil de la tournée. C’est vrai que l’on a commencé avec la sortie de l’album donc on était forcément moins connus qu’aujourd’hui. Entre temps, il y a eu les nominations aux victoires de la musique, Taratata… Tout cela, ce sont des petites choses qui ont fait que les gens nous ont un peu plus connu au fil du temps. Le bouche a oreille a bien fonctionné autour de l’album. Des concerts réalisés sous le nom d’Hocus Pocus et pas seulement des premières parties, des plateaux communs ou des festivals. C’est vrai que l’on était habitué à cela dans le passé. Aujourd’hui, on peut monter une tournée sous notre nom et c’est vraiment agréable. C’est ce dont on rêvait sans forcément faire les Zéniths car nous aimons rester dans des salles à dimension humaine, un peu comme ce soir à Rennes.
Arno : Justement, tu parles des salles à dimension humaine. On vous a vu dans des festivals cet été. Tu préfères jouer dans de petites salles ou devant une foule de spectateurs ?
20Syl : Ce sont des énergies complètement différentes. Lorsque l’on va dans des salles de 500 à 1000 personnes les gens viennent pour nous voir donc ce sont des personnes qui connaissent très bien Hocus Pocus et qui sont dans le délire d’apprécier les morceaux, de participer aux morceaux. Forcément, on s’en prend plein la tête pendant ces concerts car en général le public est un peu le dixième musicien. Les festivals c’est un tout autre défi. On le prend comme un défi car on se dit que pas mal de gens ne nous connaissent pas, on doit se donner à fond pour aller chercher le public. On joue plus sur ce registre là en étant plus dynamique en se disant que rien n’est gagné. Dans des salles de concerts où les gens connaissent nos albums on aurait tendance à penser que c’est gagné d’avance même si on ne s’endort pas sur nos lauriers. On essaie de faire des prestations plus travaillées. Il est vrai que c’est toujours plus facile de jouer devant son public que de jouer devant un public de festival qui finalement est là pour découvrir de nouveaux groupes.
Hervé : Quels sont les souvenirs marquants que tu vas garder enregistré sur tes vieilles VHS en ce qui concerne cette tournée Place 54 ?
20Syl : Il y a eu plusieurs choses. Je dirais le premier concert d’Hocus Pocus pour Place 54 mais qui n’était pas la première date de la tournée Place 54. C’était une date prévue au Point Bar, un bar de Nantes dans lequel on a « testé » notre set devant nos potes. Cette date a été un des premiers bons souvenirs. Ensuite il y a eu la Cigale qui a été un gros moment pour nous, même plus fort que l’Olympia. Ca a été une grosse claque parce que c’était notre retour sur Paris. On a un public parisien qui nous suit depuis longtemps car on a pas mal de radio qui nous diffusent depuis un bout de temps. On est plus connu en région parisienne que sur Nantes. Disons que c’était une grosse ambiance à la Cigale on a de super souvenirs de ce concert. Au niveau des festivals, il y a les Solidays ou d’autres festivals où l’on s’est retrouvé devant des milliers de personnes. C’est vraiment démesuré mais c’est une sensation différente. Il y a eu le Japon cette année, on y retourne en décembre. La bas, à chaque fois c’est mortel de la première à la dernière note. C’est un autre public, les gens sont vraiment dingues ! Sinon la dernière date qui m’a marqué c’était à Strasbourg où on a joué à la Laiterie. Les gens avaient du prendre des euphorisants car c’était vraiment impressionnant. Pour dire, j’ai slamé pour la première fois. Les gens étaient très énervés et c’est très agréable de se prendre des coups de boost comme ceux là et surtout en fin de tournée. J’espère que ce sera la même chose à Rennes ce soir. Ce sont de bons souvenirs mais il y en a pleins d’autres car il n’y a quasiment aucunes dates à jeter sur cette tournée. On s’est amusé chaque soir.
Arno : Au crépuscule de cette tournée, quels regards portez vous de tout ce que vous avez pu connaître avec Place 54 ? Vous êtes fatigués, nostalgiques de ces 150 dernières dates, vous vous projetez vers l’avenir ?
20Syl : Forcement il y a un peu de nostalgie car on arrive à la fin. On avait une équipe mortelle, les cuivres nous ont rejoins pour les dernières dates. Lorsque tu as une équipe où l’on s’entend tres bien et où il n’existe pas de tensions. Tu en redemandes ! Il y aura donc un peu de nostalgie ce soir. Mais on se dit que dans six mois on va reparti sur les routes et on va reprendre du plaisir.
